|
Les pratiques de gestion du bureau du CCE ont pris fin le 06 août. Elles étaient indignes des grandes causes pour lesquelles vos représentants se doivent tous d’être des serviteurs désintéressés. La mise en minorité à cette session du Secrétaire Général et de l’équipe du bureau qui soutenait sa politique n’est que l’aboutissement d’un système de gestion qui a amené notre CCE au bord de la faillite financière. La transparence n’était pas une valeur reconnue par le Secrétaire Général.
La CFE.CGC, partenaire durant 2 années de l’alliance de gestion avait, à maintes reprises, averti le Secrétaire Général et les membres du bureau sur la dérive du rôle originel du CCE et son éloignement progressif des objectifs sociaux négociés en 2007 qui avaient conditionné notre adhésion. Arc-bouté sur de soi-disant objectifs de rentabilité mais avec des principes de gestion inacceptables, le SG du CCE, soutenu par son syndicat et quelques membres du bureau, a toujours refusé d’entendre nos avertissements.
La CFE.CGC, convaincue qu’il était devenu impossible de maintenir sa confiance à un SG du CCE obstinément sourd à ses recommandations, a donc décidé de quitter le bureau, le 11 juin. L’autre partenaire de l’alliance, FO arrivé aux mêmes conclusions que nous, a ensuite pris la même décision.
L’épisode des deux représentants CFE.CGC au bureau n’ayant pas voulu quitter leur poste est anecdotique. Des raisons difficilement compréhensibles ne leur ont pas permis le libre choix du respect élémentaire des consignes unanimes de leur syndicat. Ils ont choisi en conscience, ils assumeront personnellement leur décision. Ce n’est plus le problème de la CFE.CGC d’Air France.
Depuis le 06 août, le SG et le bureau du CCE n’ont plus de légitimité pour prendre de décisions. Ils n’assurent que la gestion des affaires courantes. Le 03 septembre, tous les syndicats de l’entreprise se retrouveront pour décider de la gestion future du CCE. C’est cette coordination des représentants des syndicats qui devra diriger le CCE. Des mesures d’urgence seront prises pour assurer le bouclage de l’exercice budgétaire 2009 dans sa totalité. Ensuite, des solutions seront recherchées avec tous les partenaires de bonne volonté pour que nous puissions assurer la pérennité des activités sociales. Cette coalition de tous les syndicats est une grande première dans notre entreprise. C’est malheureusement un événement hautement symbolique à la hauteur de la situation catastrophique que nous avons à assumer. Jamais en France, un CCE de cette importance ne s’était retrouvé en cessation de paiement et placé sous tutelle. L’équipe du bureau actuel devra se démettre pour permettre une transition intelligente et efficace à ceux qui assureront la charge de la gestion du CCE.
Aux grands moyens, les grands principes. Nous trouverons tous ensemble, les solutions pour sortir de cette situation piteuse et peu honorable pour les salariés d’Air France et ceux du CCE.
- Nous devrons stopper tous les investissements pour juger de la priorité à leur accorder. Un hôtel, un restaurant de prestige, un bureau secondaire de ministre pour le Secrétaire Général et un spa luxueux à Lassy, est-ce bien raisonnable alors que le bateau coule ?
- Nous devrons financer la totalité de l’exercice budgétaire 2009 à partir de fin septembre pour assurer les salaires des employés, le règlement des fournisseurs et les dépenses courantes en trouvant des solutions innovantes où le dogme n’aura plus sa place.
- Nous devrons lancer immédiatement après la démission du bureau actuel du CCE, un audit par un expert comptable indépendant pour connaître exactement l’ampleur des dégâts.
- Nous devrons réfléchir à tous les moyens à mettre en œuvre pour assurer la pérennité du CCE en ne s’interdisant aucune solution : rationaliser le patrimoine en vendant des sites importants mais trop coûteux dans leur entretien, diminuer la masse salariale en incitant des départs négociés, faire baisser les coûts d’entretien et de représentation en imposant un plan d’économie rigoureux à la mesure de la situation financière actuelle du CCE.
- Nous devrons travailler efficacement avec la Direction d’Air France à l’intégration des personnels du CCE et des CE sans chercher à saborder comme cela s’est fait précédemment, les propositions qui seraient avancées pour trouver une solution honorable à chacun. Nous devrons, par ailleurs, faire adhérer tous les personnels au projet de sauvegarde du CCE et des CE sans les prendre systématiquement pour des boucliers humains que l’on terrorise en leur annonçant régulièrement l’apocalypse à chaque contradiction.
Plus prosaïquement, nous devrons réfléchir au rôle que nous souhaitons donner au CCE. Nous ne sommes plus en 1945 et les besoins des salariés ont évolué. Les séjours vacances enfants comme adultes ne supportent plus la comparaison de la concurrence. Certaines catégories comme les Cadres sont exclues des dispositifs sociaux alors qu’ils cotisent au même titre que les autres salariés. Il suffit pour s’en convaincre d’écouter les salariés se plaignant de la qualité de certains restaurants, des trop faibles réductions accordées pour les activités sociales ou sportives, des prestations touristiques indignes par le non service rendu mais surtout, contrairement au bureau actuel, ne plus nier la crise économique et financière et en accepter les conséquences en les intégrant à la réflexion pour un service de proximité dont nous avons tous tant besoin.
Un dernier exemple pour que chacun puisse bien juger de la situation ubuesque dans laquelle se trouve le CCE, aujourd’hui. La compagnie Air France cotise en moyenne à hauteur de 1500€/an pour chacun de ses employés. 80% de cette somme est engloutie dans les frais de fonctionnement (salaires, entretien du patrimoine, frais quotidiens de fonctionnement, frais de représentation). Cette situation est intolérable et n’a que trop duré. Quand on n’a plus les moyens, on doit abaisser son train de vie et vendre une partie des bijoux de famille. Le Secrétaire Général et le bureau du CCE n’ont pas voulu aller dans ce sens en continuant à dépenser comme si rien n’avait changé. Quand on est au bord du gouffre, la fuite en avant n’est pas une décision heureuse car on ne va pas très loin...
La solidarité du CCE doit d’abord et avant tout s’appliquer aux salariés d’Air France !
Pour la CFE.CGC d’Air France,
Ronald NOIROT

Télécharger le fichier en format PDF
|