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Quatre mois pour sauver de la faillite les caisses des salariés du privé!

Quatre petits mois pour sauver les retraites des cadres! Syndicats et patronat se retrouvent ce mardi pour élaborer un plan de sauvetage des régimes des retraites complémentaires Agirc (cadres) ; l'Arrco (complémentaire de tous les salariés) est en situation moins périlleuse. Ils ont jusqu'en juin pour trouver une solution.

Quatre mois pour sauver de la faillite les caisses des salariés du privé!
Quatre mois pour sauver de la faillite les caisses des salariés du privé!

«Les perspectives sont alarmantes», alertait en décembre la Cour des comptes dans un rapport. Selon ses calculs, si aucune mesure n'est prise, l'Agirc n'aura plus un sou de côté en 2018. Dès cette date, il faudra donc trouver 5 milliards d'euros par an pour repousser au-delà de 2030 l'épuisement des réserves. Et pour cause: l'Agirc et l'Arrco ne peuvent pas s'endetter pour combler leur déficit, contrairement au régime général géré par l'État. En clair, une fois les coffres vides, il n'y a plus qu'à réduire les pensions des millions de retraités du privé. Ou à augmenter drastiquement les cotisations.

Depuis 2011, les partenaires sociaux ont donc dû prendre, plusieurs fois, des mesures douloureuses. Syndicats et patronat ont conscience de l'enjeu. «En 2013, nous avons entériné une série de mesures pour corriger le tir, mais elles ne produisent pas assez d'effets vu la stagnation de notre économie»

La réforme des retraites Touraine - faute de mesures d'âge - n'a en rien aidé les régimes de complémentaires. Pire, les décisions gouvernementales prises dans ce domaine depuis 2012 ont alourdi les comptes de l'Agirc et de l'Arrco de 1,4 milliard d'euros.

Le temps est compté, les marges de manœuvre étroites et les leviers à disposition pour redresser la situation se comptent sur les doigts d'une main. Surtout, aucun ne fait l'unanimité parmi les partenaires sociaux. Un recul de l'âge, poussé par le Medef mais refusé en bloc par les syndicats, ne produit pas, sauf à être rapide et donc violent, d'économies à court terme. Les cotisations retraite, tous régimes confondus, frôlent déjà le plafond de 28 % du salaire brut fixé par décret. Certains syndicats aimeraient exploiter les dernières marges de manœuvre en la matière. Le patronat, sans surprise, s'y refuse. Quant au gel des pensions, il n'aurait pas beaucoup d'effets compte tenu de la faiblesse de l'inflation.
«Ce serait de la pure procrastination»

Reste la fusion des deux régimes cadres et salariés et de leurs réserves (9 milliards pour l'Agirc et 55 milliards pour l'Arrco en 2013), qui permettrait de repousser l'échéance. FO, la CFTC et la CFDT sont pour. «Ce serait de la pure procrastination et ne ferait que renvoyer le fardeau sur les épaules des générations suivantes», critique en revanche Serge Lavagna, le «M. Retraite» de la CFE-CGC.

Les positions entre syndicats et avec le patronat sont donc très éloignées. Au-delà de ces postures de début de négociation, le contexte social est très tendu. L'échec de la négociation sur le dialogue social a laissé des traces et si ces nouvelles discussions capotaient, c'est la gestion par les partenaires sociaux qui serait remise en cause.» Reste que le gouvernement serait bien embêté de devoir reprendre la main sur le dossier explosif des retraites.

Pour éviter le naufrage des caisses des salariés du privé, plusieurs solutions sont envisageables. Mais toutes les pistes qui pourraient être retenues impliquent des sacrifices pour les salariés et le patronat.
Pour résoudre le problème financier des régimes de retraite complémentaire, les partenaires sociaux ont constitué ces derniers mois une «boîte à outils», sur laquelle ils ont fait faire des simulations aux services de l'Agirc et de l'Arrco.
Hausse des cotisations

«Le Medef va devoir mettre la main à la poche», prévient Sylvie Durand, négociatrice à la CGT qui réclame une hausse de 2,45 points des cotisations Agirc. Sans aller jusque-là, d'autres syndicats, comme FO, devraient proposer d'augmenter les cotisations, peut-être pour les seuls cadres. Ce sera de toute façon trop pour le Medef, qui refuse d'ores et déjà toute hausse des prélèvements.
Repousser l'âge de départ à la retraite

C'est la solution proposée par le patronat. Plusieurs scénarios devraient être étudiés. Un recul des bornes d'âge d'ouverture des droits à la retraite de 62 à 64 ans et de l'âge légal de départ de 67 à 69 ans pour la génération née en 1959 permettrait de repousser l'assèchement des réserves au-delà de 2030. Les syndicats y sont totalement opposés. Autre solution envisagée, plus douce, mais qui rapporterait moins: appliquer une décote temporaire aux salariés et cadres souhaitant partir à la retraite avant 64 ans.
Fusionner les régimes Agirc et Arrco

Alors que les réserves de l'Agirc seraient épuisées en 2018 si rien n'est fait, une fusion avec l'Arrco permettrait de repousser l'échéance à 2025. Mais une telle mesure assécherait les fonds Arrco avec trois ans d'avance.

Si les rémunérations des femmes étaient aussi élevées que celles des hommes dans le privé à horizon 2024, cela permettrait de redresser les finances des régimes

Gel des pensions

C'est le levier permettant de mettre les retraités actuels à contribution. Depuis 2013, les partenaires sociaux ont déjà sous-indexé (par rapport à l'inflation) les pensions complémentaires. Ils pourraient prolonger la mesure en 2016, ce qui rapporterait plus de 1,3 milliard d'euros avec une inflation de 1,75 %. Problème, l'inflation pourrait être plus faible, et donc les gains pour les régimes bien inférieurs.


Égalité salariale hommes-femmes

Si les rémunérations des femmes étaient aussi élevées que celles des hommes dans le privé à horizon 2024, cela permettrait de redresser les finances des régimes et d'augmenter les recettes de cotisations sociales. Mais cela ne se décrète pas dans une salle de négociation.

Abaisser les pensions de réversion

Aujourd'hui, une veuve touche 60 % de la retraite de son mari en plus de la sienne pour faire face à la chute de revenus entraînée par le décès. Le Medef a calculé qu'abaisser les pensions de réversion à 50 % dès 2015 rapporterait 334 millions par an à horizon 2017. C'est «une piste possible, sensible»

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