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PERFORM 2020 : 1ère information en CCE

PERFORM 2020 : Retrouver une marge de manoeuvre pour pouvoir investir. Mais pour le personnel, le compte n'y est pas.

 

Lors du CCE du 30 avril, après une information sur les résultats du premier trimestre, nous ont été présentés les grands axes de PERFORM 2020, dont l'objectif est de retrouver des marges de manoeuvre pour pouvoir investir dans une croissance d'Air France.

PERFORM 2020 : 1ère information en CCE
PERFORM 2020 : 1ère information en CCE

Au premier trimestre, le chiffre d'affaires a atteint 5,7 milliards, en progression de 1,8% par rapport à 2014.

La perte d'exploitation ressort à 417 millions, contre 445 millions un an plus tôt et, a été réduite de plus de moitié sur l'Ebitda, à -21 millions contre -50 millions. La part de la perte nette du groupe est réduite à 559 millions contre 608 millions.

L'environnement reste tumultueux: la concurrence est extrêmement vive et l'avantage attendu de la baisse du prix du pétrole devrait être largement absorbé par la hausse du dollar et la baisse de la recette unitaire.

Le plan Transform 2015 a permis un quasi retour à l'équilibre. Mais une entreprise comme Air France, qui a affiché des pertes récurrentes depuis 2009, ne peut s'en satisfaire si elle veut investir et avoir une politique de croissance. L'enjeu est désormais de dégager assez de cash pour financer les projets d'investissement, avec un objectif de résultat d'exploitation d'au moins 700 millions en 2017 : c'est le minimum nécessaire pour nous permettre à la fois d'honorer notre dette et nous assurer une croissance de 2% à 2,5%.

Pour y parvenir, la compagnie va poursuivre ses efforts pour stimuler les recettes, mais aussi et surtout poursuivre les mesures de réduction des coûts unitaires.

La direction vise, dans le cadre de Perform 2020, une baisse annuelle des coûts unitaires de 1,5% par an (-3% en coûts pilotables), soit 650 millions d'euros sur la période 2015-2017. Après avoir supprimé 8.000 emplois en trois ans et la mise en oeuvre d'un nouveau plan de réduction de 800 postes au sol et chez les PNC, il pourrait encore y avoir des mesures de réduction d'effectifs. Même si rien n'a été annoncé, la direction réfléchit toujours au périmètre idéal de l'entreprise en termes d'effectif, les mutations technologiques et les changements de l'activité, conduisant nécessairement, pour la direction, à de nouvelles évolutions.

Il faudra attendre pour en savoir plus, jusqu'en septembre, la clôture des demandes de départs PDV.

On ne peut, hélas, qu'être d'accord sur le constat : notre rentabilité actuelle ne permet pas de sécuriser l'avenir et les résultats de l'entreprise (hors grève) permettent juste de payer les intérêts de nos dettes.
De notre point de vue, la baisse de la recette unitaire est une tendance durable, et il est temps d'arrêter d'espérer combler notre écart de compétitivité par rapport à nos concurrents par des tarifs plus élevés justifiés par un niveau de qualité supérieur.

Cette vision appartient à un contexte de marché et de concurrence radicalement différents. Cela fait six ans que la compagnie est déficitaire avec cette politique. Le positionnement affaire et haute contribution de l'entreprise s'adresse de manière rentable à moins d'un tiers de nos lignes Long Courrier. Il faudra donc bien, à un moment, se mettre en capacité d'être rentable sur la basse contribution qui est, aujourd'hui, le plus gros marché mondial et le seul en développement.

Au final, pas de changement de stratégie avec Perform 2020, mais plutôt un Transform version 4 dont la seule innovation est que les plans et efforts de productivité seront différents selon les entités et Business-Unit.


Les pistes annoncées impactantes pour le personnel sont:


  • la saisonnalité: ce n'est pas une bonne nouvelle quand on voit les impacts négatifs de l'annualisation des horaires pour les CRC et la saisonnalité introduite au passage en Martinique.
  • l'efficacité des navigants : les pilotes étant manifestement visés puisqu'ils n'ont pas réalisé les économies prévues ni tenu leurs engagements pour Transform, et l'on peut raisonnablement s'inquiéter de leur volonté de changer.
  • développer la sous-traitance
  •  ...et bien entendu, et ce n'est pas une nouveauté, des mesures de modération salariale.

Les discussions sur l'amélioration de la productivité devraient se poursuivre jusqu'en octobre 2015. Prochain point d'étape au CCE du mois de juin.

Ce sont donc encore des mesures d'économies, de réductions des effectifs, avec des incertitudes sur les résultats, sans que cela nous mette à l'abri de la précarité.
Pourtant dès Transform, nous demandions un projet d'entreprise d'envergure auquel adhérer qui donne du sens au changement, et qui permette au personnel de reprendre espoir.

Ce n'est pas ce que nous avons entendu qui trace une perspective auquel le personnel pourra adhérer avec enthousiasme.

Jean-Pierre Combes Defontis
élu CCE CFE-CGC

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